Serge Voisenet le passionné nous à quitté
SERGE VOISENET LE PASSIONNÉ NOUS A QUITTÉS
Le Club Sportif Beaunois, a la douleur et l’immense tristesse d’avoir perdu son bienfaiteur, personnage hors du commun, indissociable de l’univers de Jean Guiral durant plus de 70 années, habité par une passion viscérale envers le rugby et ses chers petits bleus et blancs. Il aurait dû fêter ses 83 ans le 1 er de l’an 2026 !
Il est parti, sans bruit, rejoindre ses compères de toujours Jacky et Gégé, nous laissant une fois encore dans un profond désarroi. Difficile d’imaginer, ne plus croiser la silhouette atypique au
sourire malicieux, ne plus entendre les commentaires avisés et l’humour taquin de notre ami Sergio …
Dès ses premiers pas il foule la pelouse du stade, pour démarrer très tôt une riche et longue carrière en tant que joueur, auréolée de plusieurs titres de « Champion de Bourgogne Honneur » et une première montée historique en 3 ème division nationale.
Chemin faisant, passion aidante, il cumule les fonctions au sein du club tout au long de son parcours : entraîneur-joueur, éducateur,
et dirigeant. Pour l’anecdote, il joue son dernier match à 52 ans, en réserve pour dépanner lors d’un déplacement.
Il prend en main l’école de rugby qui, sous sa houlette, avec l’appui déjà précieux d’un jeune bénévole, un certain André GOICHOT, va connaître un essor fulgurant, et fournir une pépinière de bons joueurs, dont la plupart feront les beaux jours des équipes seniors.
On y retrouve une pléiade de noms connus, dont ses deux fils Rémy et Frédéric, et toute la génération de Thomas DROT entre autres qui se reconnaîtront.
En 1985, Daniel FÈVRE, succède à la mémorable présidence de l’estimé Louis LACHAUX, mais est contraint de céder sa place pour raison de santé. Le club est en difficulté, sans bousculade au portillon, l’omniprésent et indestructible, Serge VOISENET, bien épaulés de quelques irréductibles, sauve la situation en prenant la présidence.
Malgré un parcours chaotique, avec les moyens du bord, il tient courageusement les rênes de son club de cœur jusqu’en 2002, avec
pugnacité et opportunisme : fort d’un bon relationnel dans le giron rugbystique, il n’avait pas son pareil pour inciter des grands noms du rugby régional à venir renforcer ses jeunes beaunois.
Ses efforts, au prix de sacrifices personnels difficiles, mais toujours assumés, vont être enfin récompensés en 1998, au terme d’une saison exceptionnelle : champion de Bourgogne, vice-champion de France Honneur et remontée directe en Fédérale 3, avec Gilbert PAUCHARD à la barre de l’équipe seniors.
Fatigué et fragilisé, c’est avec soulagement, mais toujours autant d’envie de servir le CSB, qu’il se retire, en restant dirigeant actif et influant, d’abord sous la présidence de Didier LACHAUX, puis celle d’André GOICHOT, jusqu’au bout avec la même ferveur, contre vents et marées, malgré les aléas de l’âge, de la maladie et de l’usure dont il repoussera sans jamais se plaindre les limites du possible.
Serge était dans la vie, comme au rugby, un passionné boulimique quand il entreprenait quelque chose, « on avance » répétait il toujours : c’était surtout un homme érudit, d’une culture incroyable, un homme de caractère, comme dans l’imprimerie, domaine où il créa en son temps sa propre entreprise.
« Je retiendrai personnellement, sa grande bonté de fond, malgré un côté excessif qui pouvait agacer parfois, et j’appréciais surtout, quoiqu’on en dise, son franc parler qui froissait certains,
justement quand il n’avait pas tort … »
Le club perd un monument, un de ses plus grands serviteurs, nous, nous perdons un ami, un copain, un Papa, et surtout une figure emblématique qui va beaucoup nous manquer.
Conformément à son souhait, Serge ne voulait pas de cérémonie publique pour ses obsèques, qui se sont déroulées ce jeudi, dans la stricte intimité de sa famille.
Nous avons donc respecté sa volonté, par la voix de ses fils, pour communiquer.
Serge ne veut pas qu’on le pleure ! il veut qu’on trinque en son honneur, pour qu’on ne l’oublie jamais … comme lui n’oubliera jamais son CSB, là-haut dans le ciel bleu et blanc de l’éternité.
Le CS BEAUNE à l’unisson, présente ses plus sincères condoléances, à Rémy, Frédéric et toute leur famille, avec compassion et fidèle amitié.
Par Yves Guillemin