Interview bénévoles : Sophie Millotte et Carole Bernhard
Interview bénévoles
Le CSB met ses bénévoles à l’honneur !
Nouvelle rencontre en interview avec nos bénévoles, menée par Gaële Voarick, avec Sophie Millotte (à gauche) et Carole Bernhard (à droite).
Bonne lecture …
Carole et Sophie, ces héroïnes discrètes qui font battre le cœur du CSB
On parle souvent des essais en coin, des plaquages décisifs, des mêlées qui grondent, des chandelles mal captées et des dernières minutes qui font vieillir plus vite qu’un hiver bourguignon. On applaudit les joueurs, on refait le match après la victoire, on refait encore plus le match après la défaite.
Mais derrière chaque dimanche de rugby, il existe une autre équipe.
Une équipe sans crampons, sans protège-dents, sans préparateur physique… mais parfois avec davantage d’endurance.
Cette équipe-là, ce sont les bénévoles.
Au CSB, deux nouvelles figures incarnent parfaitement cet esprit : Carole et Sophie. Deux femmes venues d’univers où le rugby n’était ni tradition familiale, ni religion locale, ni même parfois un sujet de discussion. Et pourtant, les voilà aujourd’hui happées par l’ovalie.
Comme quoi, on peut entrer au rugby par curiosité… et y rester par contamination joyeuse.
Carole, patronne du haut de terrain, Carole gravite autour du club depuis 2016, mais c’est en 2017, lors du célèbre Tournoi des 3B, qu’elle plonge vraiment dans le bénévolat. Depuis, elle n’a plus quitté le navire.
Son poste de prédilection ? La buvette du haut. Un poste stratégique, sensible, parfois plus exposé qu’un arrière sous une chandelle en plein vent. Là-haut, il faut savoir servir vite, sourire longtemps, compter juste et garder son calme quand tout le monde arrive en même temps à la mi-temps.
Autrement dit : un poste pour internationaux.
Ce qu’elle aime ?
Les rencontres, les copains, les copines, l’ambiance, ce joyeux mélange entre organisation sérieuse et improvisation parfaitement maîtrisée – spécialité bien connue des clubs amateurs.
Son plus beau souvenir reste la montée en Fédérale 1 en 2018, une saison de bonheur, de déplacements, de routes avalées et de stress partagé.
Carole vient de l’Est de la France. Elle était plutôt football à l’origine. Puis elle a découvert le rugby. Depuis, elle a compris qu’un hors-jeu au foot est plus simple à expliquer qu’un ruck à un débutant.
Aujourd’hui, elle préfère l’ovalie : « Au rugby, il y a des exploits individuels, mais ils servent toujours le collectif. »
Directrice d’école et institutrice à Chalon-sur-Saône, également engagée dans la vie municipale beaunoise, elle sait parfaitement séparer les casquettes :
« Au stade, je suis bénévole. Pas de politique, juste du club » Simple, net, efficace. Comme un plaquage aux chevilles.
Sophie, elle, est arrivée en décembre 2025. Une réunion professionnelle dans les locaux du club,
A cette occasion elle apprend que l’on cherche des bénévoles… et elle offre son soutien. Oui, mais parfois les meilleurs ingrédients ne sont pas prévus sur la recette.
« Arrivée comme un cheveu sur la soupe » selon ses dires… restée comme une évidence.
Ancienne de la restauration, aujourd’hui courtière en prêt immobilier à Nuits-Saint-Georges, Sophie n’avait absolument aucun lien avec le rugby.
Ni passé de tribune, ni enfance en crampons, ni connaissance suspecte des combinaisons en touche. Mais elle avait l’essentiel : l’envie d’aider. Et elle a trouvé ce que beaucoup cherchent ailleurs : Une ambiance sincère. Des gens accueillants. Des échanges francs. Et une place dans l’équipe… sans avoir à faire les tests physiques.
Elles ne viennent pas du rugby. Elles viennent mieux : de la vraie vie.
Ni Carole ni Sophie n’étaient promises à l’ovalie. Pas de grand-père pilier. Pas d’oncle troisième ligne. Pas de collection de maillots encadrés dans le salon.
Elles viennent du quotidien, du travail, de la générosité simple.
Et c’est peut-être pour cela qu’elles aiment tant ce qu’elles ont trouvé ici : la convivialité, le dépassement de soi, l’esprit collectif, la solidarité, les rencontres. Cette capacité unique du rugby à faire discuter ensemble des gens qui ne se seraient jamais croisés ailleurs. Le rugby amateur, c’est parfois le dernier endroit où l’on se tutoie avant de se connaître.
Les vraies 79e minutes. On dit souvent que la 79e minute est terrible pour les supporters. Pour elles aussi. Parce qu’un match n’est jamais fini. Parce qu’un score peut tourner. Parce qu’à ce moment-là, même la tireuse à bière semble retenir son souffle.
Alors elles sont là. Installer. Servir. Ranger. Aider. Sourire. Revenir le dimanche suivant. Faire tout ce qu’on remarque peu… jusqu’au jour où cela manque.
Si elles arbitraient… Carole distribuerait volontiers quelques cartons… au bord du terrain. À ceux qui confondent passion et insultes.
Sophie sanctionnerait ceux qui prennent tout trop au sérieux. À ceux pour qui gagner vaut plus que respecter.
Deux styles d’arbitrage différents, mais un même règlement intérieur : garder l’esprit rugby.
Le vrai capitaine ?
À la question de savoir qui est le vrai capitaine du club – le coach, la buvette ou le vestiaire – leur réponse fuse : Le président André Goichot, qui, depuis plus de 20 ans, tient la barre du CS Beaune contre vents et marées !
Réponse unanime. Sans recours vidéo.
On les voit souvent. Mais on ne les regarde pas assez. On les croise. Mais on ne mesure pas toujours ce qu’elles apportent.
Carole et Sophie sont de ces personnes qui ne cherchent ni lumière, ni trophée, ni interview d’après-match. Elles veulent juste être utiles, participer, rendre service, faire partie de l’équipe. Et dans un club amateur, cela vaut parfois largement un essai transformé.
Le CSB a de la chance de les avoir. Et il faudra veiller à leur rendre autant qu’elles donnent.
Car certains piliers… ne portent pas de numéro.
Merci, simplement merci !