Portrait d'éducatrice : Annaé Duquesne

26 Septembre 2018 - Actu U10U6

Si vous fréquentez Jean-Guiral depuis déjà quelques temps, le visage d’Annaé Duquesne ne vous est sûrement pas inconnu. A seulement 20 ans, la jeune fille n’a jamais ménagé ses efforts au CS Beaune, notamment derrière le bar ou la buvette. Cette année, cette vraie passionnée de rugby a décidé de s’investir encore un peu plus en devenant éducatrice au sein de l’école de rugby. Un projet qui mûrissait depuis déjà de nombreux mois dans sa tête et qu’elle a décidé de mettre en pratique.

Quand je parle de passionnée, le mot n’est même pas assez fort tant elle est mordue de ce sport : « Je devais avoir à peu près 6 mois la première fois que j’ai tenu un ballon de rugby entre mes mains en ‘’ volant ‘’ celui de mon parrain. En même temps, j’ai grandi à Toulon donc je pouvais difficilement choisir un autre sport. Après des années de plaquages sur le goudron avec les copains de l’école et m’être essayée au judo, au hand et à la boxe, j’ai vraiment commencé à jouer à 13 ans en féminine à la Valette. Et chaque fois que je venais en vacances à Beaune, j’allais voir les matches du CSB. »

Quand elle s’y installe définitivement, elle rejoint d’abord les Layottes, l’équipe féminine du club puis intègre l’équipe UNSS du lycée viticole avec qui elle disputera les championnats de France agricole. Tout en s’investissant bénévolement au CSB, ce qui est pour elle une partie indissociable du sport. C’est aussi une des raisons pour lesquelles elle se lance dans l’éducation : « J’ai vraiment eu envie de faire découvrir les valeurs du rugby aux petits et de faire du rugby ma vie professionnelle. Devenir éducatrice au club était donc le meilleur moyen de m’y essayer et de préparer le BJEPS en amont.  »

Sa carrière commencera donc avec les U6 et les U10 : « Pour une première année, je ne me voyais pas avec des plus de 14 ans. J’ai et besoin d’apprendre les bases et besoin de les inculquer. J’apprends énormément avec les tout-petits, notamment sur la façon d’être avec eux et la faculté d’adaptation qu’il faut avoir car ce sont des jeux totalement différents. Je dois m’adapter et changer ma personnalité. » Avec les U10, c’est encore une nouvelle façon de faire : « Je me sens super bien avec eux car on commence à jouer au ballon donc forcément, je suis plus à l’aise. »

Et pour commencer, elle est bien entourée par des éducateurs chevronnés (Karim Malek, Patrice Martin et Ludovic Derode) : « Ca, c’est certain que je vais énormément apprendre d’eux.  Je les observe beaucoup, je regarde ce qu’ils mettent en pratique. Après, je n’ai pas envie de les imiter car on a chacun notre façon d’entraîner mais en tous cas, je respecte leur expérience et j’en prends de la graine. Quand je serai plus affirmée, j’espère bien apporter mon propre petit truc. » En tous cas, les enfants n’ont pas eu de problèmes à s’adapter à une coache : « En U6, ils ne font pas de différence   entre Karim et moi. En U10, les garçons ont été un peu plus timides au début mais après quelques séances, je suis un entraîneur comme tous les autres. »

Pour ceux qui la connaissent un peu, ils savent qu’Annaé ne manque pas de caractère. Mais devenir éducatrice nous montre une autre facette du personnage : « Entraîner, ça forge le caractère. On est obligé de sortir de ses propres limites pour pouvoir en imposer aux enfants. Tu sors de ta zone de confort, tu ne peux pas agir avec des enfants comme tu le fais avec des adultes. En tant que fille unique, je n’ai pas forcément de contacts au quotidien avec des petits alors c’est vraiment une grande nouveauté ! »

Si elle a repris le rugby cette année avec les Gazelles de Dijon, la jeune étudiante a choisi d’évoluer en loisirs plutôt qu’en compétition : « J’aurai aimé pouvoir m’entraîner plus mais il faut savoir se fixer des priorités et entraîner passait avant. Je n’ai pas de choix de carrière bien défini pour l’instant, je prends ce qu’il y a à prendre tout en apprenant mon métier convenablement. Tant que je suis dans l’éducation, ça me va ! »

Par contre, à court-terme, elle sait déjà ce qui fera de cette première saison une réussite : « J’aimerai avoir appris énormément de choses et avoir réussi à construire une vraie relation de confiance avec les enfants. Je voudrais qu’on soit top sur le contenu et je serai vraiment heureuse de les voir appliquer mettre en pratique sur le terrain ce qu’on leur aura appris. Quant aux petits U6, j’aurai envie qu’ils continuent longtemps dans le rugby car c’est quand même le plus beau sport du monde. »