Portrait de recrue : Nassim Aanikid

27 Septembre 2018 - Actu Equipe AU18

Petit, Nassim Aanikid n’avait jamais pensé faire une carrière dans le rugby. Mais c’est le rugby qui l’a choisi : « Je faisais du foot et du judo. Et un jour, alors que j’avais 13 ans, j’ai eu un animateur au centre aéré qui était joueur de rugby. Il nous a proposé un exercice où nous devions plaquer des boudins. Il a vu du potentiel en moi et m’a proposé de faire un essai en club. Comme j’ai pour philosophie de ne jamais rien regretter, j’y suis allé. C’est là que tout a commencé, pour ne plus s’arrêter.   »

Ce club, qui a eu du nez, c’est celui d’Armentières dans le nord, d’où est originaire le jeune pilier de 22 ans. Il y restera 7 ans, tout en faisant ses classes jeunes à Lille, à l’époque en Fédérale 1, grâce au tutorat mis en place entre les 2 clubs. Et, alors qu’il a 20 ans, un coup de téléphone va rendre l’aventure encore plus belle : « J’avais un ami qui avait lui-même un ami entraîneur des espoirs du Stade Français et qui recherchait un pilier. Alors que j’étais dans le train, j’ai reçu un appel et quand j’ai rappelé j’ai entendu « Allo, c’est Pascal Papé ». Franchement je n’y croyais pas, ça a été un gros choc. Il m’a dit que mon profil les intéressait. J’ai passé une journée tests qui a été validée. Je suis donc devenu parisien. »

Il restera deux saisons au club, dont la dernière au centre de formation, une expérience très forte : « J’y ai vraiment ressenti toutes les valeurs du rugby, l’entraide, le respect et tout ce qui fait la beauté de ce sport. J’ai appris également l’importance du travail axé sur le détail car un match se joue sur des détails. Etre pilier ou talonneur est un poste hyper important car, quand on est privé de ballons en match, c’est en mêlée qu’on peut les récupérer. C’est là aussi qu’on doit savoir gagner la ligne d’avantage. Aussi, pour améliorer ma technique et ma condition physique, je fais beaucoup de tournois seven. C’est un excellent exercice. »

Et, dans ce parcours un peu fou, on arrive à trouver encore plus fou. Militaire, le jeune homme travaille pour l’état-major de la marine nationale. Ce qui lui a donné la possibilité de jouer avec l’équipe de France de la marine le fameux crunch contre les marins anglais : « C’est énorme, vraiment un truc de fou. Tu te retrouves à jouer avec des mecs qui sont en mer depuis 6 mois ou plus et qui rentre pour jouer un match, mais quel match ! J’ai totalement été pris dans cet engouement et j’ai été très fier de chanter la Marseillaise. »

Arrivé en fin de contrat avec le Stade Français, Nassim reçoit un texto de Sébastien Magnat lui proposant de rejoindre le CS Beaune dans sa nouvelle aventure en Fédérale 1 : « Beaune, je ne savais même pas où ça se situait ! Le discours du coach et le partenariat entre le Stade et le RCPXV de Pierre-Alexandre Goichot ont fait le reste. Je voulais progresser, exploser au plus haut niveau et le CSB m’offrait cette possibilité. J’ai donc dit banco. » Et le voilà beaunois, à l’instar de son comparse Karim Qadiri.

Un comparse qu’il a d’ailleurs embarqué dans l’aventure éducateurs en prenant en charge les U18 : « A 16 ans, je coachais les U14 d’Armentières, on savait rigoler, on savait bosser et on a vécu une saison extraordinaire. A Paris, j’étais les U10 car j’avais fait le choix de me concentrer sur mon jeu. Ici, il n’y avait personne pour les U18 alors j’ai dit à Karim « viens, on y va ». Il faut juste leur apprendre ce qu’on connaît, en sachant faire la part des choses, sans psychanaliser. Je pense que c’est un bon équilibre pour nous de nous centrer sur les jeunes. Certains veulent aller loin et c’est super mais pour réussir, il faut aussi apprendre à se détacher du rugby, penser à ses études et vivre pour soi. »

Et avancer pour progresser comme il a choisi de le faire avec Beaune : « La Fédérale 1, c’est un challenge intéressant et excitant. On va apprendre beaucoup et moi, j’ai soif d’apprendre. Un pilier atteint sa maturité vers 25 ans et la mêlée, c’est vraiment ce que je veux travailler à fond. On a la chance d’avoir Ephraïm comme coach. C’est un peu le papa, quand il gueule, tu baisses la tête et tu obéis. Tu as le droit de te planter à condition de te rattraper dans la minute qui suit. Il est exigeant mais c’est ça qui est bien. C’est même un gros plus dans mon objectif d’apprentissage. D’ailleurs, j’avais joué contre lui lors d’un match entre les espoirs du Stade Français et Dijon. J’avais déjà beaucoup appris ce jour-là ! »

Et comme tous ses coéquipiers, il fait du maintien son objectif : « Même si on est jeunes, on doit garder notre calme et notre sérénité pour maintenir le club en F1. C’est ce qu’on veut tous. A Dijon on fait une bonne entame mais on manque d’attention et on voir le résultat en seconde période. C’est cet état d’esprit qui nous caractérise mais aucun d’entre nous n’a envie de repartir avec 50 points dans la musette. Faire des efforts qui ne payent pas, ça va un moment. Jouer avec des personnes qui ont un tel vécu, c’est non seulement intéressant mais également très riche. Certains n’ont pas connu le même niveau que nous, comme Momo par exemple. Si tu l’écoutes, c’est juste un petit joueur de club alors qu’en fait, c’est un très grand joueur. Si on mixe notre envie commune avec les qualités de chacun, alors, je suis sûr qu’on peut faire une belle saison. »

Et à titre personnel, le but de Nassim Aanikid est bien défini : « Si, à la fin de la saison, on a réussi à maintenir le club et que je suis satisfait de moi, alors ma saison sera réussie. J’ai encore quelques secteurs de jeu où je dois bosser et m’améliorer mais je sais que je peux donner encore bien plus. »