Et la magie fût ...

28 Mai 2018 - Actu Equipe A

Une fois n’est pas coutume, ce texte sera écrit à la première personne. Premièrement parce-que je n’ai pas fait mon travail hier et qu’il n’y aura pas de réactions ce soir. Parce-que je pense que parfois il vaut mieux laisser place à la joie et au plaisir d’être ensemble plutôt que de se voir coller un papier crayon sous le nez. Deuxièmement parce-que je n’ai pas envie de vous raconter le match. Déjà parce-que je ne me rappelle plus du déroulé exact ensuite parce-que vous étiez très nombreux à le suivre en direct et que vous pouvez le retrouver en presse écrite. Non, ce dont j’avais envie ce soir, c’est de vous faire comprendre pourquoi ce qui s’est passé hier n’est pas « qu’une histoire » de montée à l’échelon supérieur mais que c’est bien plus que cela.

Quand, à l’issue de ces 80 minutes, ma sensiblerie prit une fois de plus le dessus m’obligeant ainsi à verser quelques larmes, Sébastien Magnat me regarda et me dit « Cela ne sert à rien de pleurer, aujourd’hui c’est la joie qu’il faut fêter ». Et bien, oui et non ai-je envie de vous répondre coach, sans vouloir vous offenser. Car c’est un moment de pure émotion que vous et vos joueurs nous avez offert. Déjà parce-que votre travail a récompensé celui entreprit depuis maintenant 7 ans par André Goichot et son équipe. Equipe dont certains sont au CS Beaune depuis plus de 50 ans ! Alors imaginez l’effet que cela leur a fait ! Et je ne vous parle même pas des bénévoles, qui œuvrent tous les week-end et souvent également la semaine sans compter ni leur temps ni leur fatigue. Pour eux aussi, c’est une sacrée récompense.

Ensuite, parce-que dans votre équipe, j’ai la chance d’y avoir des amis de 20 ans, de 10 ans, de 5 ans, de quelques mois ou bien simplement des personnes que je respecte de par la qualité de leur travail et de leur investissement. Alors, croyez-moi, voir le rêve de ses amis se réaliser parce que tout au long de ces années, ils n’ont jamais rien lâché et ont toujours cru en eux ainsi qu’en les autres, si coach, cela valait bien quelques larmes.

Puis, parce-que, quand j’ai regardé autour de moi avant, pendant et après le match, qu’ai-je vu ? Et bien, j’ai vu plein d’enfants de l’école de rugby, avec ou sans leurs parents, j’ai vu des U14, des U16, des U18, drapeaux bleus et blancs à la main, j’ai vu des joueurs de l’équipe loisirs donner de la voix, j’ai vu des éducateurs, des entraîneurs, des joueurs de la réserve à fond derrière ces seniors A. Bref, j’ai vu un club, une sorte d’équipe géante, rassemblé derrière vos joueurs. De mémoire, cela ne nous est pas arrivé souvent et cela ne donne que plus de sens à votre performance.

En décrochant cette montée hier au terme d’une magnifique saison menée de main de maître par vos troupes, vous avez sans nul doute écrit demain. Mais pour qu’il y ait un demain créé par un aujourd’hui, il faut qu’il y ait eu un hier. Et c’est à ce moment-là que l’on pense à tous les joueurs et entraîneurs qui ont créé l’histoire du club. Ceux qui l’ont voulu aussi fort que vous mais qui ont échoué, parfois très près du but. Nous avons eu des joueurs, des capitaines emblématiques. Pour ne pas risquer d’en oublier, je n’en citerai aucun mais sachez que nous avons pensé à chacun d’entre vous. Je me permettrai cependant d’avoir une pensée pour Cédric Descaillot. C’est sous son impulsion que le club a commencé à vouloir grandir et à se structurer. J’ai dans l’idée qu’hier, de là où il est, lui aussi a applaudi et s’est réjoui.

Oui, vous avez su provoquer un élan populaire. Vous et vos joueurs avez donné à tous l’occasion de participer ensemble à une belle fête de plusieurs mois qui s’est conclue en apothéose avec cette montée si souvent rêvée. Et tout ceci avec un groupe renouvelé à 80% en début de saison, des joueurs du cru, des joueurs d’ailleurs, des joueurs devenus beaunois au fil des années, des jeunes et des moins jeunes. Un groupe dont la mixité et la diversité a fait la réussite. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils se sont tous entendus comme larrons en foire, parce qu’ils ont su faire naître un état d’esprit qui a fait que le « on vit ensemble, on gagne ensemble » n’a jamais eu autant de sens. Les valeurs qu’on avait pu parfois oubliées, et bien, nous les avons retrouvées. Et voir leur plaisir hier à l’issue de cette victoire contre la très belle équipe de Beauvais a sans nul doute décuplé le nôtre.

Il y a eu un hier, il y a un aujourd’hui, il y aura un demain. Demain, enfin le 10 juin, ce sera un quart de finale du championnat de France contre Rennes …. Waouh …. La suite, nul ne la connaît, moi la première. Tout ce que je vous souhaite, c’est que cela continue, encore et encore, que cette petite flamme continue à grandir, que ce plaisir s’installe dans le temps. Alors oui, encore une fois coach, cela valait bien quelques larmes …. De joie …