Antoine Colin, un minot déjà grand

10 Mai 2018 - Actu Equipe A

Il fait partie de la nouvelle génération des joueurs estampillés « made in CS Beaune ». A bientôt 21 ans, Antoine Colin, 1m90 pour 90 kgs et 3e ligne de son état, a marqué les esprits depuis son arrivée en seniors, il y a maintenant 3 ans. Mais on a beau être un jeune homme joueur et un poil chambreur, on n’oublie pas qu’il n’y a qu’une valeur qui paie : celle du travail.  C’est aussi la preuve, si de preuve nous avions besoin, que l’on peut réussir au CS Beaune en venant du CS Beaune.

Ancien judoka, ce qui lui a indubitablement servi vu la qualité de ses plaquages, c’est à 12 ans qu’Antoine découvrit le rugby via la classe sportive du St Cœur : « Après 6 ans de judo, je commençais à me lasser un peu. Je n’avais jamais essayé le rugby, c’était l’occasion. J’ai tout de suite accroché : l’ambiance, l’esprit d’équipe et d’entraide … J’avais besoin de m’exprimer dans un sport collectif. Du coup, j’ai signé au CS Beaune ». Et les rencontres se sont enchaînées, les amitiés sont nées. D’abord avec Vincent Mennweg puis un an plus tard Pierre-Charles Quenot : l’inséparable trio Riri, Fifi & Loulou était né. Et depuis, il y en a eu bien d’autres. Cocasse d’imaginer aussi que la première personne qu’Antoine rencontra fut Karim Malek, d’abord son éducateur en jeunes puis entraîneur senior et même aujourd’hui coéquipier.

Même si ses débuts de senior furent un peu chaotiques, le jeune homme savait ce qu’il voulait : jouer. Alors, il a tout fait pour : « Oui, je voulais évoluer en équipe première et j’ai tout fait pour m’imposer. Je suis quelqu’un de rigoureux, travailleur mais surtout de compétitif. J’ai loupé très peu d’entraînement car quand j’aime quelque chose, je le fais à 100%. Je suis les conseils de mon père : « quand tu fais les choses, fais les à fond, il n’y a que ça qui compte ». Je n’aime pas quand ça parle, j’aime quand ça agi. Je me suis toujours bien entendu avec mes entraîneurs et j’ai toujours eu à cœur de leur prouver que j’avais du potentiel. Et depuis deux ans, Sébastien (Magnat) m’aide à l’exprimer ».

De joueur réserve lors sa 1ère année, puis pigiste en équipe A la 2e, il a été titulaire plus d’une fois cette année : « En trois ans, j’ai évolué, surtout techniquement. Et je me suis affiné par rapport à mes débuts où j’étais pilier. J’apprends des choses difficiles, notamment au niveau des combinaisons de touches et j’y prends vraiment plaisir. Et quand on me dit que je manque de masse physique, je réponds que ça m’avantage car je suis plutôt mobile et aérien sur le terrain. Oui, dans les chocs, ça peut être plus compliqué mais je tiens quand même. Evoluer physiquement, ça prend du temps. Sur le terrain, je suis comme dans la vie : calme, posé et beaucoup de concentration personnelle. Mais bon, il ne faut pas me chercher quand même ! ».

Et du temps, le jeune 3e ligne n’en a pas tant que ça. Même si le rugby tient une grande part dans sa vie, ses études en BTS technico-commercial dans les produits du bâtiment sont toutes aussi importantes : « Oui, j’ai des ambitions rugbystiques. J’ai envie de jouer le plus haut possible, d’atteindre le meilleur niveau auquel je puisse prétendre mais je ne pourrais pas faire uniquement du rugby. J’ai besoin d’avoir autre chose à côté pour garder tout le plaisir et mon intérêt à jouer ». Les jambes actives et la tête froide, voilà comment on pourrait décrire Antoine Colin. Un mélange qui lui a permis de s’intégrer dans ce groupe sans aucune difficulté : « Ce qui nous caractérise cette année, c’est la complicité et la rigueur. Quand on s’est fixé un objectif et qu’on se mobilise tous pour l’atteindre, on peut tout réaliser. On s’entend tous bien et qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, j’ai des affinités avec tous ».

 Et il y a aussi le fait d’évoluer avec ses meilleurs amis : « On s’est tous connus au rugby. C’est important d’avoir ses amis avec soi, ça motive. On s’entraide beaucoup, on se conseille, on se pousse mutuellement vers le haut. On est vraiment comme des frères ».  Alors qu’il est l’un des benjamins de ce groupe, le jeune joueur a conscience des choses que peuvent lui apprendre les plus expérimentés : « C’est une fierté et un plaisir d’évoluer avec les anciens. La jeunesse, c’est bien mais il faut des gens qui ont du métier pour te remettre dans le droit chemin quand ça s’emballe un peu ou que ça joue à côté ».

A l’heure des phases finales, il reconnaît un peu d’excitation : « C’est un moment particulier car je n’ai jamais connu ça.  La dernière fois, c’était en U15. Je crois qu’il ne faut surtout pas se mettre de pression inutile, y aller confiants, concentrés et surtout faire correctement le travail qu’on sait faire. J’espère qu’on va aller le plus loin possible et voir ainsi le club franchir un palier. Après, je verrai où le vent me mènera moi ».

Pour l’instant, on espère que ça le mènera, lui et les autres, vers un 8e de finale …